L’amour ne suffit pas

Je ne suis que paradoxe : sensible et dure, fragile et forte, rationnelle et hystérique. Rire le jour, et pleurs la nuit.

Même mon visage reflète ce paradoxe.
Les autres voient le sourire, l’enthousiasme et la spontanéité.
Mais ils oublient de regarder les yeux. Ces yeux qui racontent les larmes, qui disent la détresse de l’âme.

Pourtant, il faut s’aimer suffisamment pour accepter, grandir et prendre de la valeur.
Aimer l’autre suffisamment pour respecter ses choix. Accepter de laisser aller.
L’amour si prenant, si intense, qui dévoile ce qui a de plus beau.

Quand on aime on se met à nu. Physiquement d’abord. Et puis son âme. Surtout son âme.
Et rien n’est plus beau.
Mais il est aussi illusion. Sans l’autre on ne peut atteindre cette béatitude. C’est vrai.
Mais l’autre ne résout rien, l’autre ne peut en aucun cas être un sauveur, être celui qui complète. L’autre est une passerelle. Il révèle juste que l’amour est en soi. Et là, est le véritable Amour.

Comme si le sens de la vie était de briser, de détruire et d’anéantir tous les idéaux et toutes les certitudes que l’on a bâtis, pour faire place nette. Place nette au vrai. Comprendre que l’essentiel est dans la base, les petits riens. Une respiration, un bon moment, les amis, etc.
Dans ce qui nous appartient vraiment : l’instant. Celui qu’on vit au moment où on le vit.

Toutes ces émotions sont nécessaires.
Il faut la douleur pour rechercher l’harmonie et le réconfort.
L’angoisse pour connaître la paix.
La solitude pour apprécier la compagnie, mais surtout, sa propre compagnie.
La tristesse pour trouver la joie d’être ensemble, pour la dénicher dans tous les instants.
Des émotions négatives pour nous sortir de notre zone de confort, pour trouver ce qui nous convient réellement.
On peut aimer, être aimé(e) en retour, ou pas, et ne pouvoir rien construire.
Pour construire il faut plus.

De la réciprocité. De l’envie. De la volonté. De la force. De la bienveillance et de la tolérance. S’être trouvé(e) soi-même. S’aimer.
Apprendre à vivre comme ça, sans attendre. Se combler entièrement pour enfin accéder au meilleur.

Je veux y croire…

 

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La Sans Valentin

Encore un. Encore un autre article dédié à cette horrible, cette atroce journée.

La Saint-Valentin. Quelle blague.

Non mais sans rire, les personnes en couple au fond, s’en moquent (aux dires de la plupart) et les personnes célibataires la redoutent.

Alors pourquoi en faire tout un foin ? Sérieusement ?!dispute

Quelle est cette dictature qui impose aux amoureux de marquer le coup ce jour, et uniquement CE jour ?

autrecouple

Qui s’avère un vrai casse-tête pour les femmes qui souhaitent contenter leurs époux sans blesser leurs amants ? Ou pour ces hommes qui ne savent pas quelles tenues porter pour l’occasion ? ( Ça vous choque ? C’est fait pour.)

Combien de disputes n’a-t-elle pas provoquées ?! Combien de larmes n’ont-elles pas été versées ?!

 

Ah horrible terrible journée.

Et comment ne pas s’en rappeler ? Comment y réchapper ?

Les « singles » devraient être épargnés. Que nenni !

lovePartout ce sont des cœurs à foison, en veux-tu en voilà, des affiches publicitaires aux spots médiatiques, en passant par les promotions diverses et variées, et finissant en apothéose sur les réseaux sociaux.
Que de statuts, tweets, articles et bonnes recettes pour passer le cap en beauté !

Il y a même les bienveillants amis, qui, alors que vous aviez décidé de boycotter Facebook et Twitter, se rappelant votre triste situation de vieille fille (ou de vieux garçon, c’est selon), font circuler sur Whatsapp (eh oui ! vous l’aviez oublié ce réseau social…) des blagues destinées aux célibataires.

C’est terrible.

Cynisme empreint de jalousie, me direz-vous. Oui. Et j’assume.

Est-il vraiment nécessaire de me rappeler que je suis sans Valentin pour la Saint-Valentin ?

Qui n’envie pas tous ces insouciants inconscients de le chance qu’ils ont d’aimer et d’être aimés ?couple

Ah l’Amour, cet Amour. Car oui, c’est bien de cela dont il s’agit.

Que ne l’a-t-on cherché. Et où se cache-t-il donc ? L’a-t-on vraiment trouvé au fond ?
Et pour ceux-là qui pensaient l’avoir trouvé et qui l’ont perdu, n’avez-vous donc aucune pudeur (comprenez « pitié ») ?! Est-il indispensable de remuer le couteau dans la plaie ?

Non.

Dieu merci, ce n’est qu’une fois l’an.

Allez ! Sans rancune, et…

Joyeuse Saint-Valentin !!

 

 

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De la honte

Quand en sommes nous arrivés là ?

Quand est-ce devenu une honte que de s’intéresser aux sujets liés aux affaires publiques ? Aux sujets qui impactent nos quotidiens ? Aux cadres qui régissent nos emplois, l’éducation de nos enfants, nos rapports avec les autres, les liens sociaux, l’avenir environnemental et durable de la Planète, etc.

Est-ce par peur d’être assimilés ou confondus avec ceux qui sont investis de cette mission ? Avec cette classe chargée de porter les intérêts du peuple ? A quel moment, ont-ils basculé ?
La situation est-elle que détenir le pouvoir est devenu synonyme de suspicion d’incompétence, de démagogie, de revirement, de corruption.  Synonyme de doutes quant à  l’intégrité. Synonyme de désespoir.

Quand avons-nous laissé faire ? Quand nous-sommes désintéressés ? Quand avons-nous cessé de nous impliquer ? d’y croire ? de nous indigner ?
Quand avons-nous relégué au second plan, en faveur de l’éphémère et du superficiel, l’Essentiel ?

A vrai dire, il est inopportun de se demander quand. Simplement, il est temps.

Il est temps de renverser la vapeur, de reprendre les rennes.
Libre à chacun de trouver sa voie, et de partir pour ses croisades. A partir du moment où nous refusons de subir.

Nous avons le droit d’aspirer à mieux, et le devoir de bâtir un monde à venir meilleur.
Autrement dit, l’intérêt doit être la base. Il est capital. De là découlent la prise de conscience, puis le désir d’agir.

Pour ma part, j’ai choisi d’y croire encore. J’ai choisi d’être optimiste. Et tant pis si je m’essouffle, car j’aurais contribué.

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Une prison dorée

Être en couple serait-ce renoncer à soi ?

Former un ensemble serait-ce ne former qu’un ? Plus qu’un ?

Faut-il se résigner à se perdre ?

Des compromis oui, mais où se situe la limite ? Que faut-il accepter ? Que faut-il refuser ? A-t-on le droit de refuser ?

Pour quel gain ? Celui de l’Amour ?

Ou est-ce la peur de la solitude ? Ou encore le résultat d’une ou des pressions sociales ?

Doit-on devenir docile ? A-t-on encore le droit de vivre libre ?

Peut-on encore penser pour et par soi-même, ou est-on condamné à penser « entité » ?

Serait-ce de l’égoïsme que de penser cela ?

Non. Être en couple ce n’est pas une prison. Fût-elle dorée.

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Vivre

Vivre… N’est-ce pas ce qui est important ?

Encore faut-il bien vivre.

Des attentes, pourquoi en avoir ? Ou plutôt, comment ne plus en avoir ? D’ailleurs, faut-il ne pas en avoir ?

S’imaginer que le meilleur reste à venir. Y croire. L’espérer. Rêver. Tout cela est normal, je crois. En tout cas, on ne peut plus humain.
Mais cela expose à tellement de tensions, de déceptions. De souffrances. Des « si » assassins. Des hypothétiques bourreaux.

Et puis… C’est une utopie. Obtenir ce qu’on a souhaité, même du plus profond de son cœur, n’est pas gage de Bonheur. Car il y aura toujours quelque chose à convoiter.

J’ai choisi d’être heureuse. Je renouvelle ce vœu pieux. Plus facile à dire qu’à faire.
J’apprends à apprécier chaque moment, ici et maintenant. Je tâche de prendre conscience de la chance que j’ai. D’être en bonne santé, d’avoir une famille exceptionnelle, hors du commun. Des amis sans pareils. Une vie bien remplie.
Et lorsque surviennent des moments difficiles, je prends une belle inspiration. Puis une expiration. Ensuite j’ouvre les yeux. Je relativise. Et je souris. Je souris à la vie.

J’ai choisi de vivre.

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Rions ensemble

Après le tragique évènement en ce non moins tragique 7 janvier 2015, la tentation de pleurer est grande, mais choisissons de rire ensemble.

Pourquoi le rire ?  Parce qu’il est communicatif. Parce qu’il provoque beaucoup d’émotions positives.  Parce qu’il chasse les émotions négatives. Des émotions telles que la peur.

La peur. Pour la première fois de ma vie, je me suis interrogée quant aux répercussions que je pourrais engendrer en publiant une photo sur les réseaux sociaux.

je suis charlieRéaction stupide. Complètement. Mais quand même, cela est arrivé.

Et cela m’amène à réfléchir aux raisons d’un tel acte. Et je n’en vois qu’une. La peur. Car elle divise. Car elle confond. Car elle inhibe. Car elle isole. Car elle affaiblit.

Refusons-la !

Continuons de manifester et de nous indigner. Oui, nous devons prôner l’unité et le rassemblement. Cela nous touche tous, dans notre condition humaine. En dehors de toute considération politique, religieuse, ethnique, sociale, etc…

Nettoyons méticuleusement toute trace insidieuse résultant de cet acte.
Car ce mal est fourbe.
Il nous pousse à chercher des coupables parmi les nôtres. Par « nôtres », j’entends « êtres humains ». Qui ont des droits. Le droit de s’exprimer librement. Le droit de croire. Le droit de ne pas croire. Le droit de ne pas être d’accord. Le droit d’être d’accord. Le droit de rire. Le droit de vivre. Le doit d’être. Ce mal nous isole. Il nous rend malheureux.

Alors rions. Et rions ENSEMBLE.

Mais pas seulement. Soyons responsables. Commençons par refuser tout acte, toute parole, tout raisonnement d’intolérance. Et soyons encore plus vigilants quand il s’agit de nos propres actes, paroles et raisonnements. C’est ce qu’on appelle la prévention. Ne remettons pas naïvement  notre sécurité et notre intégrité aux mains des autres.

Nous avons tous un rôle à jouer. Aussi infime soit-il, il compte. Et au bout du compte, cela fait la différence.

je suis charlie 5

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Pour faire dans l’originalité, je ne le dirai pas

Et c’est reparti !

Oui c’est une nouvelle année qui commence.

Pour certains, elle est le signe d’un nouveau départ, d’un renouveau, les comptes (en banque) sont remis à zéro.
Une bouffé d’air frais (après tout ce foie gras, ce champagne, ces punchs coco, cacahuète, et shrub, ces pâtés salés, pois d’angoles, jambon de Noël et j’en passe… il était temps !).
Oui, cette fois tous les espoirs sont permis.
D’abord je vais prendre de bonnes résolutions et m’y tenir : j’arrête de fumer, je vais devenir un sportif invétéré, envoyer balader mon patron plus souvent, passer plus de temps avec ma famille, manger sainement, trouver l’homme / la femme de ma vie,etc etc etc…
Ensuite, je vais accomplir mes rêves c’est sûr ! Partir en Australie pour les vacances, faire la fête à Ibiza, monter ma boîte, gagner à Euromillions, etc…
Oui ô que oui, cette année est la mienne !

Pour d’autres, ce n’est que l’éternel recommencement d’une histoire qui se répète.
Pfffff il va falloir encore souhaiter la bonne année, partout : au bureau, à l’école, dans la famille, au marché, aux voisins, etc… Et que je te souhaite l’Amour, et que je te souhaite le Bonheur et patati et patata, et ce, pendant un mois !! Quelle hypocrisie.
C’est nul. On va encore prendre des résolutions qui seront aussi vite oubliées qu’énoncées.
Non sérieusement, la nouvelle année ça me saoule. Alors c’est sûr, comme d’habitude, on fera semblant (pas vrai Claude ?!), on essaiera, plus ou moins longtemps, mais au final, on reste soi-même et on repart dans son train-train quotidien.

Et pour vous ?

Pour moi, c’est une période charnière. Un moment de bilan. Oui je fais le point sur les faits marquants de l’année précédente, sur mes rêves. Comme tout le monde, je prends de « nouvelles » (ben ouais même si je les prends pour la dixième année consécutive, ce sont quand même de « nouvelles ») résolutions. Comme tout le monde, je pourris mes contacts de messages à la mords-moi-le-noeud. Non vraiment c’est important de faire tout ça. C’est pour perpétuer les traditions.

Oh et puis zut ! A vous je peux bien le dire ! Le nouvel an c’est en janvier. Et le mois de janvier c’est celui d’avant le mois de février. Et en février il y a quoi ? je vous le donne en mille !

LE CARNAVAL !

Voilà. Moi pour la nouvelle année, je prépare mon Carnaval.

A suivre…

Ah au fait, bonne année !

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Comme un rayon de soleil

Je me suis permis une parenthèse. Une pause, un soupir. Comme une caresse du soleil en plein hiver.

D’ailleurs, c’était en hiver, loin du gris de Paris, en Italie. Il faisait beau et tendre. Pas un nuage dans le ciel, des températures des plus clémentes.

Je me suis rendue au point de RDV, je suis allée repérer les lieux, pour éviter d’être en retard, pour me rendre compte qu’au final il était déjà tard.

Moi qui, auparavant regardait avec condescendance ces êtres à part, ces fans, ces « groupies », me voilà jouant des coudes, m’impatientant, craignant de ne pas être assez proche. Luttant pour être plus près, tout près, si près mais pas assez. Quelle frustration!

Connaître la joie, la démence, la partager avec d’autres, s’imaginer, rêver , crier, pleurer ! Être eblouie. Moment féerique, extatique.

Et puis avoir peur. Peur que ça se termine. Être rassurée par un nouvel élan. Et puis être désespérée. Quoi c’est déjà fini ?! Non il y a tant de choses à dire, tant de choses à faire. Non cela ne peut pas être fini. Et si. Et si…?

Sentir, vivre la dépression. Se raccrocher aux souvenirs, les revivre, en parler à n’en plus finir.

Et puis sourire. Rire de nouveau. Qu’est ce que c’était bien ! Quelle chance ai-je eu de pouvoir vivre ce moment.

Ce moment où…

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Sans titre

Panne sèche.

Manque d’inspiration total.

Aucune idée, aucun mot, aucun tressaillement du cerveau. Pas même un frisson d’activité. Encéphalogramme plat.

Hébétude.

Et pourtant, tout était scrupuleusement organisé, méticuleusement planifié : chaque mois devait être relié à un évènement culturel de mon pays (une fête, une tradition, une communauté, etc…). Mais c’était sans compter cette déveine, ce vide, ce gouffre. Cette paralysie de l’imagination.

Mais de quoi vais-je bien pouvoir parler ?

Parler de la vie ? D’une banalité.
De l’Amour ? Encore !
De chez moi, la Martinique ? Oui pourquoi pas? Mais par quoi commencer?

Je pourrais parler de la Toussaint, mais cela manque d’originalité.
A moins de palabrer sur mes compatriotes et leurs comportements ou mentalités. Mais c’est d’un surfait.
Quant à la politique, cela ne mène nulle part. Ou à l’inverse trop loin. Sujet trop sensible, trop prenant. Trop important pour en parler sérieusement.
De la pluie et du beau temps ? C’est d’un ennui.

Rien à faire.

Alors j’ai accouché d’une idée. Hésitante. Rachitique.
En comptant sur votre bienveillance, vous faire part de mon état d’âme, en attendant le retour de jours plus heureux.

 

 

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Non, les Martiniquais ne sont pas…

Il y en a marre. Trop, c’est trop !
Marre d’entendre que les Martiniquais sont ceci, que les Antillais sont cela…
Le pire, c’est que nous sommes nous mêmes nos propres Inquisiteurs, à nous offrir sans séance tenante, aux flammes du bûcher.

Alors non, une fois pour toutes, ou du moins jusqu’à la prochaine, les Martiniquais ne sont pas :

Racistes.
Nous serions racistes, avec nos propres congénères ? Il y aurait donc une ascension salvatrice de la peau. Une « mûlatresse » serait mieux qu’une « chabine » [1], elle même à son tour mieux qu’une « coolie », la dernière strate étant réservée aux « négresses ».
Quoi?! Des salariés noirs n’accepteraient pas un chef, un manageur, un encadrant noir! Ils n’accepteraient que les blancs?
Qu’ouïs-je d’autre? Que des couples « dominos » (noir-blanc) subiraient des « remarques » désobligeantes, voire des insultes!
Sottises! Balivernes!

Oui cela a existé. Ne le nions pas. Oui cela continue d’exister. Ne l’ignorons pas.
Mais qu’en est-il de tous ceux qui vivent avec l’autre? L’autre dans sa différence. L’autre dont on ne se rend même pas compte qu’il est différent. L’autre qui fait partie du décor. L’autre que l’on a envie de recevoir. L’autre au bèlè, en athlétisme, au basket, l’autre au travail. L’autre, camarade, ami, compagnon, mari, père.  L’autre dans la tolérance.

Fainéants.
Sans blague. Nous rechignerions à la tâche ? Pire dans la fonction publique ?! Certains cultiveraient l’art de ne rien faire à l’excès. D’autres s’appliqueraient à refuser toute tâche, toute proposition, toute action nouvelle ou innovante, ou même évidente mais pas formalisée, par principe. Pour le plaisir de ne rien faire. Ou pour le plaisir de dire non.
D’autres encore se spécialiseraient dans la complaisance du chômage, dans l’expertise de l’évitement d’entretiens-miracle (entendez Pôle-Emploi) conduisant aux promesses de l’activité. C’est bien entendu qu’il y a du travail ! Visiblement les usines manquent de coupeurs de cannes, les structures d’agent d’entretien, et les entreprises du BTP de manœuvres…
Et puis il y aurait ceux qui auraient choisi de travailler au développement du pays : de maternités en maternités, s’égraineraient les revenus de la CAF.
Sornettes!

Oui cela a existé. Ne le nions pas. Oui cela continue d’exister. Ne l’ignorons pas.
Cependant, je serais tentée de croire que s’il y en a qui ne font rien, il y en a qui font deux fois plus, le travail n’étant pas volatil.
Je me plais à croire, que mes compatriotes au chômage, recherchent des emplois dans les domaines d’activités qui les intéressent, ou plutôt dans les domaines d’activités pour lesquels ils ont été formés, aux niveaux auxquels ils ont été formés.
Et je pense à toutes ces mères, seules ou accompagnées, qui finissent tard, trop tard, pour profiter de leurs enfants, justement parce qu’elles ont trop d’activités (notamment professionnelles).
Je pense aussi à ceux qui travaillent tous les jours de la semaine (et même le soir), pour faire fructifier leurs entreprises, et dont les bénéfices ne seraient leurs, qu’à partir du vendredi, l’Etat se taillant la part du lion.

Incompétents.
C’est une plaisanterie. Lors d’appels de la mairie de votre ville, vous seriez orientés vers des services qui ne sont pas désignés pour la résolution de votre problème?
Il arriverait même, que très souvent vous ayez l’impression d’informer les professionnels des évolutions légales de leurs cœurs de métier.
Ou encore, vous auriez l’impression de faire le travail de votre collègue ou de votre supérieur hiérarchique, à sa place (en plus de votre plan de charge évidemment) parce que vous ne l’en sentez pas capable.
Ridicule. Abject.

Oui cela a existé. Ne le nions pas. Oui cela continue d’exister. Ne l’ignorons pas.
Mais, je préfère voir la richesse incommensurable de ce pays, à la matière grise épatante, florissant de personnalités, d’actions, de projets originaux, à la pointe de la technologie, répondant aux problématiques environnementales, de santé, de management, etc.. et j’en passe.
Je focalise mon attention sur ceux qui dans l’ombre, choisissent de s’acquitter du travail de leurs pairs pour l’assurance que le travail soit fait, et bien fait.

Désagréables.
Pas possible! Dans un magasin de prêt-à-porter on vous ferait sentir que l’on ne souhaite pas s’occuper de vous?
A la caisse on ne répondrait pas à votre salut, à votre sourire ?
A la poste, on vous signifierait que vous interrompez une conversation, oui même s’il s’agit d’une conversation sur la tenue de « manzel » [2] ou sur le « ich kon’  » [3] de untel ?!
Mais n’importe quoi! C’est impensable.

Oui cela a existé. Ne le nions pas. Oui cela continue d’exister. Ne l’ignorons pas.
Mais si on ne répond pas aux saluts et aux sourires, ne serait-ce pas parce que d’aucuns saluent et sourient? Et parmi ces « d’aucuns » il n’y aurait donc aucun Martiniquais ?! Et si nous, sommes si nombreux à nous offusquer de ces travers, n’est-ce pas parce que nous ne nous inscrivons pas dans ces schémas? Dans ces attitudes?

Une fois pour toutes, et j’espère qu’il n’y en ait pas de prochaine, tordons le cou à nos clichés. Ces arbres qui cachent les forêts. Ceux-là qui nous empêchent d’évoluer, de nous grandir. Ceux-là qui nous enferment dans la fatalité du « c’est-perdu-d’avance » du « i-bon-konsa » [4]. Soyons ouverts d’esprit et avançons.

Non les Martiniquais ne le sont pas.

 

 


[1] personne claire de peau ayant les cheveux crépus et blonds.
[2] créole, littéralement « mademoiselle »
[3] créole, familier « bâtard »
[4] créole, littéralement « c’est bon comme cela »

 

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